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Laurent
02/10/2004, 15h30
Panzer Campaigns Kursk '43


http://www.aegolis.com/pz/infos/contenu/img/Kursk%20Cover_5739.jpg

Description :

* Système de tours : 2 heures de temps réel par tour.

* Taille de la carte : 1 km par hexagone, la carte mesure 380 kilometres sur 30.

* Nombre d'unités : Plus de 4 700 représentant allemands et soviétiques. Les unités jouables sont des chars, de la reconnaissance, de l'artillerie, de l'infantrie, des parachutistes, du génie, des canons antichars, de la DCA, des lance-roquettes, des QG et plusieurs autres unités spécifiques comme des véhicules de démolition.

* Nombre de scénarios : 18 ainsi que quelques "what-if" des scénarios permettant de jouer le front nord ou sud et la classique bataille complète de 121 tours.


Contexte historique :

Mars 1943 : L’offensive de Manstein s’essouffle avant de s’arrêter définitivement dans la boue. Dans un dernier effort Belgorod est reprise après la brillante victoire et la reconquête de Kharkov. Les adversaires épuisés après une très longue campagne d’hiver soufflent pendant la période du dégel. Sur la carte les fluctuations des batailles de l’hiver ont dessiné un énorme saillant centré sur la ville de Koursk. Manstein préconise dès le retour du beau temps l’élimination de cette verrue. Son objectif : prendre au piége les armées russes en attaquant le saillant sur ses bases dans la région d’Orel au Nord et dans la région de Belgorod au sud. L’état d’épuisement de l’armée allemande est tel que même Hitler reconnaît qu’elle n’a plus les moyens de lancer une offensive d’été, comme les années précédentes, sur une vaste échelle. En fait la stratégie des Allemands consiste à rechercher une victoire suffisamment écrasante pour imposer aux Russes une paix de compromis. Naturellement tous les regards de l’état-major allemand se tournent vers Koursk qui paraît être la cible de choix. Cet objectif est tellement évident que les Russes y ont pensé aussi avec un tout autre plan. Koursk servira d’appât pour l’armée allemande. Lorsque les Allemands se seront usés en essayant de réduire le saillant, les Soviétiques lanceront alors une offensive majeure avec leurs réserves soigneusement mises à l’abri au préalable.

Avril, mai et juin 1943 : le saillant de Koursk se transforme jour après jour en un immense camp retranché avec le travail acharné de dizaines de milliers de « volontaires », 6 à 8 lignes de défense se succèdent en profondeur avec 6 000 km de tranchées. 400 000 mines sont posées. 17 000 bunkers et casemates sont construits. 16 000 canons et mortiers, 6 000 antichars, 3 600 chars et 1,2 millions d’hommes défendent le saillant.
Du coté allemand les usines tournent à plein régime pour remettre à niveau l’armée qui ne dispose plus que de 450 chars à la sortie de l’hiver sur l’ensemble du front de l’Est. Toutefois la pénurie d’hommes est sensible et les divisions d’infanterie ne peuvent être recomplétées. L’offensive, possible à partir de la mi-mai, est repoussée de semaine en semaine pour disposer d’une force de frappe suffisante. Pour Hitler l’arme miracle sera constitué par le « zoo » allemand : les nouveaux blindés Tigres, Panther et Elefants tous équipés d’un canon de 88mm et d’un blindage qui les rend théoriquement invulnérables (note du webmestre : le Panther possède un 75 mm long bien plus puissant que le 88 L/56 du Tiger I, mais il est moins puissant que le 88 L/71 de l’Elefant). Ces engins sont très lents à construire et ont beaucoup de problèmes mécaniques. Pendant ce temps les Russes continuent à renforcer le saillant.

Juillet 1943 : 2 000 chars sont finalement disponibles pour l’opération - qui a reçu le nom de code de Zitadelle - dont 50% de panzer III, 34 % de panzer IV, 10% de Panthers et 6% de Tigres mais aussi 700 canons automoteurs dont 90 Elefants ( ou Ferdinands ). 2 000 avions participent à l’offensive dont le redoutable Henschel 129-B équipé de canons de 20 et 30 mm destiné à la lutte contre les blindés.


Les forces en présence :

Les forces russes sont organisées en 3 fronts coordonnés par Joukov et Vasilevsky :

Front de Voronej commandé par Vatutin : en charge du secteur sud avec 466 000 hommes, 86 00 canons, 270 batteries de lance-fusées, 1700 blindés. Il est organisé en 7 armées dont 3 armées de la Garde et une armée blindée.

Front du Centre : dirigé par Rokossovsky en charge du nord avec 511 000 hommes, 11 000 canons, 250 lance-fusées, 1 800 chars encadre 6 armées dont une blindée.

Le front de la Steppe : commandé par Konev est gardé en réserve. Les Allemands n’en soupçonnent même pas l’existence. Il compte 450 000 hommes, 8 500 canons et 1 700 chars.
2 400 avions appuient les défenseurs.

L’armée allemande est articulée en 4 armées :

Au Nord : la 2. Panzerarmee avec 3 corps compte 19 divisions dont 2 blindées. Cette armée défend le saillant d’Orel au nord de Koursk et couvre la partie Est du front nord. Elle a un rôle défensif n’ayant que 160 000 hommes et seulement 300 chars. Elle ne participera pas à l’offensive
Le rôle de l’attaquant est confié à Modell le héros de Rzhev. Sa 9. Armee a été considérablement renforcée avec 6 corps et aligne 26 divisions. De nombreuses unités non endivisionnées encadrent des chars lourds et des unités d’assaut comme des troupes de génie, des unités lance-flammes et de déminage. La 9. Armee compte 335 000 hommes, 590 tanks et 420 canons d’assaut.

A l’ouest : la 2. Armee garde le fond de la poche sans aucun rôle offensif. 2 corps comprennent 7 divisions avec 96 000 hommes et 100 canons d’assaut. Cette armée, épuisée par les combats de l’hiver dernier n’a jamais pu être reconstituée.

Au sud : Manstein commande 2 groupes : le plus puissant est articulé autour de la 4. Panzerarmee dirigée par Hoth avec 220 000 hommes et 1 100 blindés. La division Gross Deutschland et le II. SS Panzer-Korps font partie de cette armée. Le détachement Kempf compte 126 000 hommes et 550 chars. Il épaule le front est de l’offensive.
2 000 avions soutiennent les attaquants.


Le déroulement de la bataille :
L’offensive allemande doit démarrer à l’aube du 5 juillet mais pendant la nuit un tir de barrage s’abat sur les positions des assaillants. L’effet de surprise n’aura pas lieu. Mieux les Russes prennent les devants et lancent une offensive aérienne destinées à balayer les terrains de la Luftwaffe. Les radars allemands détectent ce raid massif. Les Allemands décollent aussitôt. La bataille de Koursk débute par une immense bataille aérienne. Les Russes perdent 600 appareils. Dans les jours qui suivent les Allemands détiennent la suprématie aérienne et suppléent au manque d’artillerie en envoyant des raids de bombardiers pour réduire les points de fixation russes. L’escadrille de l’as Rüdel équipée de Stukas portant des canons antichars de 37mm est créditée de la destruction de centaines de chars et canons. Les Russes ne sont pas en reste. La chasse soviétique finit par se ressaisir. L’escadrille Normandie-Niemen est lancée dans la mêlée et inscrit à son palmarès des dizaines d’appareils allemands.
Au Nord Modell en 5 jours progresse de 10 à 20 km au prix de très lourdes pertes due à l’artillerie soviétique. Les villages de Olkovatkha, Teploie et surtout Poniry sont l’enjeu de féroces combats. Les Elefants font merveille dans la réduction des points fortifiés mais sont détruits les uns après les autres quand ils perdent leur accompagnement d’infanterie. La 9. Armee s’empêtre dans les champs de mines, et les bunkers, tombe dans des zones de tirs où les tirs antichars et l’artillerie déciment les attaquants. Les fantassins russes n’hésitent pas à se sacrifier pour infliger le maximum de pertes aux Allemands. L’offensive est suspendue quand les Russes attaquent sur Orel, pratiquement dans le dos des assaillants.
Au Sud en une semaine le gain allemand se traduit par une avance de 20 km de profondeur sur 25 km de large. 2 armées soviétiques sont anéanties mais le 48. Panzer Korps est épuisé et stoppe son offensive. Le corps SS après avoir progressé doit faire face le 10 juillet à une attaque de la 5eme armée blindée de la Garde sur son flanc est. Pour le soulager, le groupe Kempf progresse vers le Nord et menace d’encercler la 59eme armée.
Pour faire sa jonction avec Kempf et sceller le sort de la 59eme armée le corps SS se dirige vers Prokhorovka. Le 12 juillet ce qui a été décrit, sans doute à tort, comme la plus grande bataille de blindés de tous les temps démarre entre les SS et la 5eme armée de la Garde. Les 2 camps ont décidé d’attaquer. Dans une fournaise et une poussière indescriptibles 700 chars (ce chiffre est sujet à contestation) se heurtent dans un espace de quelques km. La 5eme armée perd tous ses blindés en 2 jours mais les Allemands sont saignés à blanc. Ils perdent 300 chars. Les 2 adversaires épuisés passent à la défensive.
L’offensive sur Orel, le débarquement en Sicile, la dégradation du front du Donetz et du Mious imposent au commandement allemand de suspendre l’offensive malgré les avis de Manstein qui voulait continuer pour en terminer avec le saillant. Le 23 juillet les Allemands sont revenus sur leurs positions de départ.


L’après Koursk :
Les estimations des pertes pour les Allemands varient entre 50 à 70 000 hommes. Les archives russes déclassées sous Gorbatchev évaluent les pertes russes à 177 000 hommes et environ 1 600 blindés plus 3 900 canons. La Wehrmacht aurait perdu 1 500 chars. La force combative de l’armée allemande est morte. L’OKW pense qu’il peut compter sur un répit car il estime que les Russes ont subi de telles pertes qu’ils mettront des mois à les combler. Cruelle désillusion ! En face d’Orel les troupes allemandes font face dès la mi-juillet à une offensive majeure. Pire ! Le 3 août les fronts de Voronezh et de la Steppe passent à l’offensive avec 650 000 hommes, 12 000 canons et 2 400 chars. Les Allemands n’ont plus que des divisions épuisées pour leur faire face. Belgorod et Kharkov sont reprises. Les Soviétiques ne s’arrêteront qu’en Ukraine à l’apparition de la boue.


Bibliographie :

De très nombreux ouvrages relatent cette bataille. A titre indicatif un choix qui est loin d’être exhaustif.
Pour les anglicistes il faut se procurer The battle of Kursk de l’incontournable Glantz chez Ian Allan Editeur 1999 avec des cartes très détaillées et l’exploitation d’archives soviétiques inédites.
Pour les germanistes Zitadelle 43 Podzun-Pallas-Verlag Friedberg 3 avec des photos jamais publiées ailleurs et des cartes à grande échelle.

En français :
Koursk 1943 dans la collection les grandes batailles de l’histoire n°5 Editions Socomer
39-45 Magazine hors série Historica juillet-août-septembre 1998
Militaria Magazine hors série n° 35, 38 et 44.
Un site russe sur Koursk :
http://dspace.dial.pipex.com/town/avenue/vy75/kursk.htm qui est heureusement en anglais. Cartes, photos, ordre de bataille, topographie du terrain.



http://www.aegolis.com/pz/infos/contenu/img/Carte%20Kursk_5741.jpg


Quelques conseils pour la campagne :

La campagne de Koursk est un jeu « mammouth » destinés à des joueurs n’ayant pas peur de passer 2 à 3 heures pour achever un tour. Plusieurs joueurs peuvent prendre en charge la campagne, idéalement 4 tellement la carte est immense. Les joueurs seront très vite pris dans l’engrenage de cette bataille qui broie à un rythme hallucinant hommes et matériel. Le tempo du jeu par rapport à d’autres campagnes passe à une échelle supérieure avec des effectifs très importants et une puissance de feu jamais égalée dans les autres jeux. En 2 heures une unité intacte et fraîche peut être rayée des listes en ayant perdu la totalité de son effectif ce qui n’est jamais le cas dans d’autres Panzer Campaigns.
Les Russes ont l’avantage du nombre et disposent d’une formidable artillerie, leur meilleure arme. Ils sont bien retranchés. Les champs de mines défendent les approches des zones fortifiées successives. Toutefois le moral de leurs troupes est C ou D en moyenne ce qui est insuffisant pour tenir sous le « Trommel Feuer » de la Wehrmacht. Les QG des divisions soviétiques ont un faible rayon d’action ( 3 à 7 hexagones). Il faut essayer de combiner les actions des QG de corps d’armée avec ceux des divisions qu’ils encadrent pour réduire la pénurie de ravitaillement dont sont périodiquement menacées les unités de fusiliers russes. En outre de nombreux régiments de chars dépendent de QG d’armée et sont donc plus enclins à l’interruption des liaisons de commandement ce qui se traduit par un manque de ravitaillement chronique pour ces unités. De très nombreuses unités russes sont bloquées au départ sur la carte et n’interviennent que tardivement ce qui simule la volonté de Staline de garder suffisamment de réserves pour contre attaquer au moment où les Allemands commencent à donner des signes de fatigue.
Les Allemands disposent de troupes avec le plus souvent un moral A ou B. Leurs chars lourds sont redoutables et impossibles à détruire avec les T34 ou les nombreux canons antichars soviétiques. Seule l’artillerie peut causer quelques pertes à ces unités. Il faut aussi compter sur les pannes mécaniques qui contribuent aussi à réduire ces blindés plutôt fragiles.
Les QG allemands ont un plus long rayon d’action. Les unités de la Wehrmacht sont donc moins sujettes au « low fuel » ou « low ammo »
Pendant les premiers jours de la bataille le joueur soviétique souffre terriblement et doit veiller, surtout au Sud à ne pas se laisser complètement encercler Les unités russes sont vite « disrupt » sous le feu de l’artillerie ou des Stukas. Les unités disrupt deviennent alors très vulnérables aux assauts combinés chars plus infanterie.
Les Allemands doivent aller vite pour infliger le maximum de pertes aux Russes avant que les réserves soviétiques commencent à monter en ligne. Ils doivent prendre rapidement les objectifs qui permettront, peut être, de gagner la partie. Certains objectifs ( Poniry, Prokhorovka par exemple ) ont une valeur de 1000 points et sont indispensables pour assurer une victoire des Allemands.
Pour les Russes les premiers jours de la bataille sont très éprouvants sur le front Sud. Le joueur qui défend ce front doit garder les nerfs solides. Il peut se consoler car sur le front Nord les Allemands souffrent terriblement grâce à une artillerie russe déchaînée. Une tactique pour les Allemands consiste à pénétrer dans les champs de mine de force 1 en acceptant des pertes qui ne seront pas trop sévères avec ce niveau. Le passage des tirs défensifs sans être disrupt est une condition pour réussir. Puis il faut lancer l’assaut sur des unités russes ayant été mise disrupt au préalable par l’artillerie et si cela ne suffit pas par l’aviation. A partir des quelques hexagones de la 1re ligne conquis l’infiltration des arrières peut commencer en cherchant à isoler les unités soviétiques restées scotchées dans leur bunker et tranchées. Le génie peut alors se mettre au travail en retirant les mines des hexagones qui ne sont plus sous le feu de l’ennemi. Une autre stratégie consiste à envoyer le génie déminer avant de lancer l’assaut le tour suivant en pénétrant dans des hexagones dégagés. L’inconvénient est de laisser ces unités exposées sous le feu de l’artillerie et des tirs défensifs pendant le travail de déminage. Beaucoup d’unités deviennent « disrupt » et ne peuvent plus alors retirer les obstacles. Les Russes doivent veiller à replier suffisamment tôt leur précieuse artillerie qui risque avec l’avance allemande de se retrouver rapidement en 1re ligne. Ces opérations délicates doivent être réalisées pendant les périodes de nuit qui sont très courtes pendant l’été afin d’échapper à l’aviation.
La réduction des bunkers et pillboxes est délicate surtout si ces fortifications empilent infanterie et antichars. Leur isolement est indispensable avant de procéder à leur réduction ce qui passe obligatoirement par la mise « disrupt » de tout les défenseurs avant de passer à l’assaut.
Les Allemands doivent prendre garde à ne pas user prématurément leur armée et veiller à conserver un volant d’unités fraîches. Un bon moyen est de retirer du front toute unité passant dans le niveau orange de fatigue et de les laisser au repos avant de reprendre la lutte. Le grand nombre de Pz III pose un problème. Ces engins vulnérables doivent suivre en second échelon. Les Allemands doivent se servir des chars lourds pratiquement dés le début de l’offensive comme bélier pour enfoncer les positions russes. Cette tactique qui économise les chars moyens présente l’inconvénient d’user prématurément la principale force de frappe des Allemands.
Les Russes ne doivent pas rester inertes. Une tactique consiste pour eux à laisser les Allemands engager leurs réserves puis à lancer avec des troupes fraîches des contre-attaques sur les flancs. La 2eme panzer armée au Nord, mais aussi l’aile droite du front Sud allemand ou encore l’extrême sud de l’armée Kempf sont particulièrement vulnérables. Les joueurs prendront garde aussi à surveiller le fond de la poche tout à l’Ouest où l’immensité du front ne permet pas de couvrir tout le terrain même pour les Soviétiques. Des infiltrations pendant la nuit peuvent révéler au matin des surprises très désagréables.
Au final Koursk est une simulation riche en rebondissement qui est loin d’être statique malgré les apparences. Les 2 camps ont toute leur chance malgré leur disparité énorme en terme d’armement, moral, organisation.

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Au total note de 16/20 en raison de la limite de jouabilité due à l’énormité de la simulation.


Michel Debrand.

Laurent
02/10/2004, 15h33
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Laurent Lavail