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Voir la version complète : Quizz 1ere GM : les réponses


elpaco
01/07/2006, 09h49
Voici les réponses aux questions de ce quizz, je vais les donner 3 par 3 en développant un peu, espérant que ça vous interessera :sourire:
tout commentaire est evidemment le bienvenu ...

1)Où les allemands ont-ils utilisé les gaz de combat pour la première fois ?
Lors de la 2eme bataille d’Ypres en 1915. A vrai dire, les premiers à utiliser un gaz de combat furent les français dès août 1914 qui lancèrent quelques grenades lacrymogènes, mais la première utilisation massive de gaz empoisonné est le fait des allemands le 22 avril 1915. Il s’agissait de chlore. La panique s'empara vite des lignes françaises mais ne fut pas exploitée du fait d'une avance trop précautionneuse des soldats allemands.
http://www.firstworldwar.com/diaries/firstgasattack.htm


2)Au cours de quelle bataille l'écrivain Maurice Genevoix a-t-il été grièvement blessé?
=> aux Eparges le 25 avril 1915. Son livre "Ceux de 14" est un récit précieux et parfois bouleversant sur la vie des poilus.
"Les Eparges est un lieu de bois, de collines et de ruisseaux dans la Meuse près de Verdun. Les combats de la Guerre de 1914-18 y furent effroyables et vains : la ligne de front ne bougea quasiment pas pendant quatre ans." (Maurice Genevoix)
Dès l'automne 1914, le front s’établit aux abords de cette crête qui présente un intérêt capital, véritable promontoire qui permet de surveiller la plaine de la Woëvre au sud de Verdun.
Pendant les mois d’hiver 1914-1915 la bataille est de forme classique mais le saillant de Saint-Mihiel menace de plus en plus Verdun aussi Joffre envisage une offensive par la Woëvre pour tenter de le résorber. La crête des Eparges devient alors un enjeu important pour l'Etat-major français qui la convoite en temps qu'observatoire d'artillerie.
La 12ème D.I est chargée d'attaquer, tout comme à Vauquois éloigné de quelques dizaines de kilomètres à l’ouest, cette position bien défendue depuis le pied. Le Génie va creuser une douzaine de sapes sous le flanc nord de la crête des Eparges. Ces galeries permettent d'approcher les tranchées allemandes, courant d’est en ouest à travers toute la crête des Eparges. Arrivées sous la position ennemie, elles sont bourrées d'explosif et la 12e D.I monte à l'assaut le 17 février 1915 après l'explosion de 4 mines sous la partie ouest de la crête mais les Allemands répliquent violemment par des bombardements d’artillerie lourde et de nombreuses contre-offensives. Les Allemands vont creuser, eux aussi, des galeries sous les lignes françaises et feront sauter des fourneaux de mines bourrés de 20 à 30 tonnes d'explosifs.

et le récit de sa blessure :
"2 hommes vers qui je marche se retournent. Ils me font signe, de leur main vivement abaissée : "Abritez vous!". Je suis tout pres d'eux, je leur crie : "Qu'est ce qu'il y a ?
- Baissez vous il ya une trouée. Ils voient ! "
Trop tard: je suis tombé un genou en terre. Dur et sec, un choc a heurté mon bras gauche. Il est derriere moi : il saigne à flots saccadés. Je voudrais le ramener à mon flanc : je ne peux pas. Je voudrais me lever : je ne peux pas. Mon bras que je regarde tressaute au choc d'une 2eme balle et saigne par un autre trou. Mon genou pese sur le sol, comme si mon corps était de plomb ; ma tete s'incline : et sous mes yeux un lambeau d'etoffe saute au choc mat d'une 3eme balle. Stupide, je vois sur ma poitrine à gauche pres de l'aisselle, un profond sillon de chair rouge" ....

3)A quel pays la France et l'Angleterre ont déclaré la guerre en novembre 1914 ?
=> la Turquie le 5 novembre, apres qu'elle ait rejoint l'allemagne en espaérant profiter des déboires russes.
Le Japon a déclaré la guerre à l'Allemagne le 23 août 1914 en tant qu'allié du Royaume-Uni, mais sa participation au conflit s'est limitée à l'occupation des colonies allemandes de l'océan Pacifique ( îles Marshall, Carolines et Mariannes ), et des concessions allemandes de Chine ( Shandong ).
Refusant d'envoyer des troupes combattre en Europe aux côtés des pays de l'Entente, il a profité du conflit pour supplanter les grandes puissances européennes en Asie.
La Bulgarie convoitait la Macédoine serbe et la Dobroudja roumaine. Membre de la Triple Alliance, elle s'est engagée aux côtés des puissances centrales en octobre 1915, c'est-à-dire à un moment où celles-ci semblaient pouvoir l'emporter sur le front des Balkans.

Moïse
01/07/2006, 16h53
félicitations à paco pour toute ces recherches. je ne suis pas un spécialistes de la 1° GM et mon score ( réaliser à l'instinct sans bouquins) à été moyen. :pas content:

loki
02/07/2006, 17h21
paco la première utilisation du chlore par les allemands n'a t'elle pas eu lieu durant la première GM sur le front de l'est ?

elpaco
03/07/2006, 07h26
D'apres ce que j'ai lu, Ypres est la vraie premiere utilisation massive, les autres ne sont que des expérimentations limitées :

Initial German Experiments
In the capture of Neuve Chapelle in October 1914 the German army fired shells at the French which contained a chemical irritant whose result was to induce a violent fit of sneezing. Three months later, on 31 January 1915, tear gas was employed by the Germans for the first time on the Eastern Front.
Fired in liquid form contained in 15 cm howitzer shells against the Russians at Bolimov (http://www.firstworldwar.com/battles/bolimov.htm), the new experiment proved unsuccessful, with the tear gas liquid failing to vaporise in the freezing temperatures prevalent at Bolimov.
Not giving up, the Germans tried again with an improved tear gas concoction at Nieuport against the French in March 1915.

elpaco
03/07/2006, 08h18
merci Moise.
pour etre franc, ça m'eclate de faire des recherches :Rire: ...

voici la suite :

4)Quel amiral allemand a été surpris en Méditerranée avec sa flotte à la déclaration de guerre ?
=> Souchon
Depuis 1912, la division Méditerranée de la Hochseeflotte était constituée du SMS Goeben (croiseur de bataille, 10 canons de 280 mm, 12 de 150) et du SMS Breslau (croiseur léger de 4 550 t, 12 canons de 105 mm) sous les ordres du contre amiral Wilhelm Souchon. A la déclaration de guerre, ils sont dans l'Adriatique mais Souchon les ramène rapidement en Méditerranée pour éviter q'uils ne soient pris au piège. Au passage, le 4-8, le Breslau tire 135 coups de 105 mm sur Bône (peu de dégâts), le Goeben 35 coups de 150 mm sur Philippeville [(20 †) ; la pièce no 21 (190 mm) de 1878 tire 4 coups vers le navire (1er tir d'artillerie français de la guerre)]. Churchill, premier lord de l'amirauté, ordonne aussitot qu'ils soient poursuivis et détruits par la flotte britannique de Méditerranée sous les ordres de Milne. Mais seul le croiseur léger HMS Gloucester parviendra à établir un contact sans dommage. Le 10 aout, souchon atteint les Dardanelles. Pour éviter le sort prévu pour des navires belligérants dans un port neutre (sortir des eaux territoriales sous 48 h ou subir leur désarmement et l'internement des équipages), ils seront vendus fictivement à la Turquie (qui entre en guerre en novembre) et placés sous pavillon ottoman, mais avec leurs équipages d'origine. Supérieurs aux navires russes, ils suffiront, jusqu'en 1918, à interdire tout trafic en mer Noire, participant activant à la défaite roumaine et sortant vainqueur de ses engagements avec la flotte russe de la mer noire, grace à sa vitesse supérieure. Le Goeben sera renommé Yavuz Sultan Selim et restera en service jusqu'en 1960.
=> Von spee est, lui, surpris avec son escadre comprenant les croiseurs lourds Scharnhorst et Gneisenau en mer de Chine. Au teme d'un périple de 5 mois, où il mena la guerre de courses dans la Pacifique et parvint à rejoindre le Cap Horn en coulant au passage une premiere escadre britannique au large du Chili à la bataille du Cap Coronel, il sera coulé aux Falklands début décembre par 2 croiseurs de bataille modernes à la suite d'une incroyable erreur tactique : en surprenant les navires britanniques en train de charbonner (ie à l'arret, il leur fallait attendre 2 heures avant de donner juste 5 noeuds), il aurait pu profiter de sa mobilité face à des cibles fixes pour les couler. Il décida pourtant, en dépit de sa vitesse inférieure, de se sauver. Rattrapé dans l'apres midi, toute son escadre sera coulée sauf le croiseur léger Dresden qui parvint à mener la guerre de courses pendant plusieurs mois.
A noter qu'au moment de la bataille des Falklands, la Hochseeflotte est, sans le savoir, en supériorité numérique sur la Grand Fleet qui cumule les soucis ou les déplacements (un cuirassé juste coulé par une mine, 2 en réparations, plusieurs escadres dans l'Atlantique et en Mediterranée). C'est la seule période de la guerre où la supériorité numérique sera inversée en mer du nord.


5)Qui commandait la Vème armée allemande qui attaqua Verdun ?
=> le Kronprinz (ie prince héritier). Dans la pure tradition militaire prussienne, il reçoit le commandement de la Ve armée allemande dès aout 1914. En 1916 quand le chef d'etat major Von Falkenhayn décide l'attaque sur Verdun et la confie à la Ve Armée, le Kronprinz en est toujours le chef. Son plan d'opérations prévoit ue attaque sur les 2 rives de la Meuse mais Von Falkenhayn la restreint à la rive droite uniquement.

6)Qui était "le Tigre" ?
=> Clemenceau : à l'origine de la chute de plusieurs gouvernements, ses "coups de griffe" seront à l'origine de son surnom de « Tigre ».

loki
03/07/2006, 16h45
D'apres ce que j'ai lu, Ypres est la vraie premiere utilisation massive, les autres ne sont que des expérimentations limitées :

Initial German Experiments
In the capture of Neuve Chapelle in October 1914 the German army fired shells at the French which contained a chemical irritant whose result was to induce a violent fit of sneezing. Three months later, on 31 January 1915, tear gas was employed by the Germans for the first time on the Eastern Front.
Fired in liquid form contained in 15 cm howitzer shells against the Russians at Bolimov (http://www.firstworldwar.com/battles/bolimov.htm), the new experiment proved unsuccessful, with the tear gas liquid failing to vaporise in the freezing temperatures prevalent at Bolimov.
Not giving up, the Germans tried again with an improved tear gas concoction at Nieuport against the French in March 1915.

je ne connaissais pas le cas de neuve chapelle mais j'avais entendu parler des gaz sur le front de l'est dès janvier 1915, merci pour tes recherches paco :clin:

elpaco
04/07/2006, 07h40
voici la suite :

7)D'où vient l'appelation "gaz moutarde"?
=> de l'odeur de moutarde.
Sous sa forme pure et à température ambiante, c'est un liquide visqueux incolore et sans odeur qui provoque des cloques sur la peau. Il attaque également les yeux et les poumons. Son nom vient d'une forme impure du gaz dont l'odeur ressemblait à celle de la moutarde, de l'ail ou du raifort. Il est aussi nommé parfois ypérite (dérivé du nom de la ville d'Ypres (Ieper) en Belgique où il fut pour la première fois utilisé au combat en juillet 1917), moutarde au soufre, Kampfstoff LOST, ou gaz LOST. Il peut être létal mais sa première fonction est d'être très fortement incapacitant.
Sa formule chimique est C4H8Cl2S.

8)Quel général de la seconde guerre a servi à l'état-major de Von Gallwitz?
=> Von Manstein devint, au retour d'une blessure contracté en Pologne, officier d'etat major au Groupe d'Armées Von Gallwitz (12e Armee) sur le front de l'est en 1915. Il poursuivit la guerre à différents postes d'état major, tandis que Von Gallwitz fut transféré sur le front de l'ouest, commandant des forces allemandes lors de la bataille de la Somme.

9)A partir de quand le casque d'acier devient-il largement diffusé chez les poilus?
=> en septembre 1915
Alors que les allemands se rendent compte tres vite que leur casque à pointe est insuffisant et le remplacent par un modele plus couvrant, français et russes se battent en kepi. Joffre a demandé au général d'Urbal, commandant la 8e armée, de faire un rapport. Il est accablant. "Le plus grand nombre d'hommes blessés, écrit le général le 12 février (apres 6 mois de guerre !), 8 à 9 sur 10 sont atteints à la tete; 6 à 8 fois la balle n'a pas atteint la boite cranienne. Dans la plupart des cas, une coiffure métallique meme legere aurait pu éviter la blessure et la mort". Les premiers casques n'arrivent aux fantassins qu'en septembre 1915. Ils sortent des usines Japy et ont été conçus par un contremaitre, Louis Kuhiv. Pourquoi si tard ? La réponse est dans un dialogue entre Joffre et Penelon, officier du cabinet de Poincaré, en novembre 1914 : "Mon ami, dit le général à Penelon qui lui parle d'un projet de casque, nous n'aurons pas besoin de les fabriquer, nous tordrons les boches avant 2 mois" ...
bel exemple de prévoyance ...:pas content:

la suite demain:sourire:

Nicolas
04/07/2006, 09h45
Pour le gaz moutarde, j'ai eu un doute, car j'avais effectivement lu que c'etait un des intermediaires de fabrication qui sentait la moutarde, pas le gaz utilisé sur le champs de bataille... :sourire:

Krapök
06/07/2006, 17h33
J'ai découvert le site aujourd'hui, dommage pour le Quizz sur la 1ère GM.

A propos de la question 4 et de "l'incroyable erreur tactique" de von Spee aux Falklands, il faut savoir qu'il a au départ envoyé uniquement 2 croiseurs légers (Gneisenau et Nürnberg) pour détruire les approvisionnements s'y trouvant, en laissant le reste de la flotte croiser plus au large pour les couvrir. Les 2 croiseurs se sont séparés du reste de la flotte à 5h du matin pour se diriger vers l'ile et mettre à terre leurs compagnies de débarquement pour procéder aux destructions prévues. Ils ont été repérés par les anglais vers 7h30 et ont fait demi-tour à 9h38 après avoir été canonnés par le Canopus (un très ancien cuirassé, peu rapide, qui aurait du rejoindre l'amiral Cradock pour la bataille de Coronel) pour rejoindre le reste de la flotte allemande qui se trouvait à une quinzaine de milles. Ayant découvert 4 à 6 navires ennemis devant eux (sans pour autant les avoir identifiés formellement), dont 2 navires de garde qui les engageaient, il leur était quasi-impossible d'engager le combat alors que les 2 croiseurs-cuirassés Scharnhorst et Gneisenau se trouvaient à prés de 2h d'eux. Leur décision de repli a été somme toute logique, au vu des éléments en leur possession, repli ordonné par von Spee d'ailleurs. Il est après coup facile de parler d'erreur, mais la présence des 2 croiseurs de bataille anglais Invincible et Inflexible (tout juste arrivés la veille) n'était absolument pas connue des allemands, et ils ne pouvaient donc se douter qu'en prenant la fuite ils seraient rattrapés quelques heures plus tard et envoyé par le fond, à l'exception du Dresden qui survivra jusqu'au 9 mars où il sera coulé à Juan Fernandez par le Kent, le Glasgow et l'Orama.

elpaco
06/07/2006, 19h56
Bonjour
un amateur de la premiere guerre mondiale est toujours bienvenu

concernant "l'incroyable erreur" dont je parle, je ne me serais pas permis de juger l'action de spee ce jour là, je ne fais que rapporter ce que j'en ai lu. mais force est de constater que ce n'etait pas son jour.

Le commandant du Gneiseneau , Maerker, avait eu le reflexe de mettre le cap sur la passe, afin de bloquer la sortie des batiments anglais, geste interrompu par un ordre impératif de Spee, décision malheureuse s'il en est.

Voici ce qu'en dit François emmanuel Brezet dans la Bataille des Falklands:
"L'affaire etait elle rattrapable? (...) le résultat n'aurait pu être pire que celui du combat de poursuite auquel les batiments allemands ont été contraints.
Le grand amiral Raeder estime pour sa part que si Spee avait été à la place de Maerker, donc à meme de juger par lui meme de l'opportunité qui s'offrait, il n'aurait pas hésité une seconde"

Il faut en effet savoir que ses batiments fatigués ne pouvaient guere donner plus que 20 à 22 noeuds contre plus de 26 aux croiseurs de bataille anglais, dont le mat tripode était par ailleurs aisement reconnaissable...

Krapök
07/07/2006, 07h57
En me relisant j'ai vu une belle coquille dans ma réponse, j'ai dit que seuls 2 croiseurs légers avaient été envoyés alors que le Gneisenau, sister-ship du Scharnhorst, et qui accompagnait le croiseur léger Nürnberg, était bien sûr l'un des deux bâtiments principaux sous les ordres de von Spee. Je suis en plein déménagement, mais en farfouillant dans mes cartons j'ai retrouvé un ouvrage dont voici un extrait intéressant

...A 5 heures, le Gneisenau et le Nürnberg se séparèrent de l'escadre pour éxécuter le coup de main prévu. Nous nous dirigeâmes vers le nord à une vitesse plus grande et tandis que les autres navires, poursuivant l'ancienne route, devenaient de plus en plus petits jusqu'à ne plus être que des panaches de fumée au-dessus de l'horizon clair, l'objectif de notre opération se mit à grossir au contraire, d'heure en heure, au-dessus de l'eau. Il faisait jour depuis déjà longtemps et, à bord, les gens s'agitaient, s'équipant pour le rôle qu'ils avaient à jouer. L'un apparaissait en tenue de débarquement avec des guêtres, l'autre dans des vêtements propres, pour le combat, avec l'appareil nasal contre les gaz; chacun, après avoir absorbé un bon déjeuner, monta sur la plage avant, ou sur le pont des superstructures, pour respirer l'air frais du matin et jeter un coup d'oeil interrogateur vers la côte anglaise dont on identifiait les pointes, les baies et les hauteurs sur la passerelle, au moyen du compas, des jumelles et des cartes marines. La mer était calme; le ciel d'un azur clair, seule une faible brise de nord-ouest friselait un peu la surface. Puis, droit devant, à l'endroit ou le phare de Pembroke construit sur une langue de terre basse et avancée marque l'entrée, une mince colonne de fumée apparut, paraissant sortir de la mer sous l'effet du mirage; elle se déplaça rapidement vers babord, se dirigeant vers Port-Stanley. Ce port, comme Port-William, rade étirée en longueur qui le précède, demeurait caché aux regards venant du sud, par un longue chaîne de collines. Mais lorsque nous approchâmes, des signes de vie y apparurent également. Ici et là, derrière les hauteurs de la rive, s'élevaient des traînées de fumée d'un jaune noir, qui s'aggloméraient, se développaient et paraissaient à nouveau vouloir indiquer qu'on avait mis le feu à des approvisionnements pour ne pas les laisser tomber entre nos mains. On nous avait aperçus, en tout cas, car, parmi les mâtures qu'on distinguait ça et là, à travers la fumée, deux se sétachèrent et se déplacèrent lentement vers l'est, vers le phare. Le Gneisenau et le Nürnberg augmentèrent aussitôt de vitesse pour essayer de tomber sur le croiseur qui sortait tandis qu'il se trouvait encore dans la passe, car il n'était plus douteux que c'étaient des navires de guerre que nous cachaient la terre et la fumée. Nous crûmes pouvoir en compter d'abord deux, puis quatre, enfin six navires et nous les signalâmes au Scharnhorst par T.S.F. Le comte von Spee ne devait nullement avoir l'intention de livrer une bataille devant les îles Falklands, étant donnée la mission qu'il s'était assigné. L'ennemi paraissant nous être inférieur soit en vitesse, soit en puissance, il pouvait espérer secouer son contact avant la nuit, s'il nous poursuivait. Confiant donc, dans l'état de nos chaudières et de nos machines et dans l'habileté du brave personnel qui les servait, l'amiral ordonna de rompre l'opération et de rallier...
Capitaine de frégate en retraite Hans Pochhammer, ex-commandant en second du "Gneisenau", in "La dernière croisière de l'amiral von Spee", Payot, Paris 1929.

Quant au mat tripode aisément reconnaissable des croiseurs de bataille anglais, voici ce que raconte Pochhammer

... Deux bâtiments se détachèrent bientôt du nombre de nos poursuivants, ils paraissaient beaucoup plus gros et plus rapides que les autres, car leur fumée se faisait plus épaisse, plus large, plus massive. Toutes les jumelles interrogeaient à nouveau leurs coques que la fumée enveloppait presque complètement, pour y distinguer un détail révélateur. Etaient-ce des Japonais ? Ils auraient pu nous dépasser ou arriver par l'autre côté de l'Atlantique. Je n'y croyais pas. Nos adversaires jaunes étaient beaucoup trop subtils pour collaborer autrement que de loin à la chasse qu'on nous donnait et pour risquer inutilement leurs précieuses unités de combat, à une telle distance de leurs intérêts d'Extrème-Orient...

Au fait, à quand les réponses suivantes, que je continue de me tester ? (pour le moment une erreur de ma part).

elpaco
07/07/2006, 12h13
10)En quelle année l'armée française eut-elle le plus de tués ?
=>1914
voici le décompte par année:
1914 360.000
1915 320.000
1916 270.000
1917 145.000
1918 250.000

11)En septembre 1914, les allemands écrasent la 2e armée russe à Tannenberg. Afin d'obtenir une supériorité locale, ils n'avaient laissé qu'un ecran face à la 1ere armée russe. De quoi était il constitué ?
=>1 division de cavalerie
Les armées russes envahirent la Prusse orientale avec Königsberg (http://fr.wikipedia.org/wiki/Kaliningrad) comme objectif. Le sort des armes fut initialement favorable aux Russes, avec la première contre-attaque allemande repoussée le 20 août à Gumbinnen. Comme suite à la défaite de Gumbinen, le commandant allemand du secteur général Maximilian von Prittwitz (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilian_von_Prittwitz) ordonne la retraite sur la Vistule, concédant ainsi la totalité de la Prusse orientale aux Russes. Pour une telle action de fuite devant l'ennemi, il sera limogé. Le 23 aout 1914, le général Paul von Hindenburg (http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_von_Hindenburg) prend le commandement de la 8e armée et reprend l'offensive.
Ayant obtenu par leurs renseignements que les deux armées russes étaient séparées et que les deux généraux se détestaient, les Allemands laissèrent une division de cavalerie face à la première armée de Pavel Rennenkampf (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pavel_Rennenkampf) puis laissant avancer vers le nord la seconde armée sous les ordres de Alexandre Samsonov (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Samsonov), ils lui coupèrent ses lignes de ravitaillement et de retraite. Le 30 août 1914, la 2e Armée est bel et bien entièrement annihilée : en tout 92 000 prisonniers russes.


12)En 1914, la doctrine d'utilisation des unités est décrite dans le "Reglement de manoeuvre d'infanterie". Dans ce recueil, quel facteur PRINCIPAL est mis en avant pour obtenir la mise hors de combat de l'ennemi ?
=> le corps à corps à la baionnette
Reglement de manoeuvre de l'infanterie:
art 313 : l'attaque implique de la part de tous les combattants la volonté de mttre l'ennemi hors de combaten l'abordant corps à corps à la baionnette. Marcher sans tirer le plus longtemps possible, progresser ensuite par la combinaison du mouvement et du feu jusqu'à distance d'assaut, donner l'assaut à la baionnette et poursuivre le vaincu tels sont les actes successifs d'une attaque d'infanterie.
art 329 : ce mouvement amene peu à peu les troupes à distance rapprochée de l'adversaire. A ce moment les combattants ont tous le volonté d'aborder l'ennemi à la baionnette.
art 330 : des que le moment de l'assaut devient proche, la baionnette est mise au canon. entrainés par les officiers et les gradés, les tirailleurs prennent le pas de course et se jettent baionnette haute sur l'adversaire au cri de "en avant, à la baionnette". Les tambours ou clairons sonnent ou battent la charge
art 433 : le commandement de "en avant à la baionnette" est répété par tous....chaque tirailleur doit tenir à l'honneur de triompher du plus grand nombre possible d'adversaires et la lutte se poursuit à l'arme blanche avec la plus farouche energie, jusqu'aà ce que le dernier combattant ennemi soit mis hors de combat, qu'il ait mis bas les armes ou qu'il ait fui...

ce reglement approuvé par Foch notamment ne correspond pourtant plus aux réalités de la guerre moderne, illustrés par tous les conflits de la fin du 19e siecle. En mandchourie (1904-05) par exemple, des statistiques revelent 2% de pertes liées à la baionnette, 85 % par balle, le reste au canon. Et ces chiffres sortent d'une étude française !!! Petain est de fait assez isolé quand il clame que "le feu tue".
il faut également noter que cette conception de l'offensive, basée sur la volonté du soldat à aller mettre hors de combat l'ennemi à la baionnette, n'evolue pas au cours de la guerre en depit des saignées répétées...Ainsi sur le désastre du Chemin des Dames, un auteur a ecrit "pour réussir, cette offensive nécessitait la foi" ...
aberrant :zinzin:

elpaco
07/07/2006, 12h35
13)Quel as allemand a donné son nom a une manoeuvre acrobatique constituée d'une demi boucle suivie d'une demi rotation au sommet et permettant de changer rapidement l'orientation de son vol?
=> Max Immelmann

Il fut le premier pilote à recevoir la médaille Pour le Mérite qui fut surnommée parmi les pilotes comme la Max bleu.

le croquis de sa manoeuvre :

http://www.fly-aerobatics.ca/immelman.JPG

ce que ça donne apres la demi boucle:
http://www.aviatorart.com/stokes/images/s-fokker.jpg

et la photo de Max qui sera descendu en 1916:
http://www.aspeterpan.com/aipam/acroimage/immelman.jpg

14)En 1914, qui a été nommé gouverneur militaire de Paris ?
=> Gallieni

15) Combien de généraux le général italien Cadorna limogea-t-il durant les 18 mois où il fut général en chef, commandant les opérations sur la frontière italo-autrichienne ?
=> 217 !!!
en dépit de pertes colossales, il lança offensives sur offensives, blamant à chaque fois ses subordonnés pour ses echecs : 217 généraux limogés, 280 colonels, pres de 400 chefs de bataillons, sans compter les multiples executions de soldats pour "couardise". Le desastre de Caporetto en 1917 (où 300.000 soldats italiens furent mis hors de combat) le fit (enfin) révoquer. Une commission d'enquete après guerre le rendit responsable des désastres subis par les armées italiennes, ce qui n'empecha pas mussolini de le nommer maréchal en 1924...

voilà c'est fini pour la 1ere guerre mondiale, j'espere que ça vous aura interessé :sourire:

Tortue Agile
07/07/2006, 12h43
C'etait l'esprit francais avant-guerre, L'offensive a outrance.

De toute facon, on savait deja depuis la guerre de Secession que la defense avait une puissance de feu qui rendait caduque les attaques bien rangees a la bayonnette (Gettysburg entre autre en est un tres bel exemple).

Krapök
07/07/2006, 14h25
Ouahhhh !!! 217 généraux italiens limogés par Cadorna. Je ne pensais pas le chiffre aussi élevé, je pense qu'il a allègrement battu Joffre qui a envoyé un bon nombre de généraux à Limoges après les avoir relevé de leur commandement (d'où l'expression limoger, bien sûr).

elpaco
07/07/2006, 14h39
au premier tour (ie dès aout 1914), Joffre en exclut 163 tout de meme
mais au total je n'ai pas trouvé le nombre ...

Lord_Morgul
07/07/2006, 14h49
Le terme de limoger vient du fait que Joffre muta (et non cassa)le general Lanrezac pourtant victorieux a la bataille de Guise le 29 aout 1914 a Limoges ...
Il faut dire qu'il y avait une forte horripilite entre ces deux hommes , que Lanrezac etait partisan de la defense et d'eviter a tout prix l'assaut (le plan XVII...) et que Lanrezac etait cordialement deteste par Sir John french commandant la BEF...
et surtout qu'il fallait enfin a ce moment un general croyant en l'offensive pour la bataille de la Marne ...Franchet d'Eperet
L'ironie de l'histoire c'est qu'a Guise ce sera la seule fois depuis le debut des hostilites qu'une charge des lignes francaises au clairon et tambour rejetera une armee allemande ...

Micke
07/07/2006, 19h13
9)A partir de quand le casque d'acier devient-il largement diffusé chez les poilus?
=> en septembre 1915
Alors que les allemands se rendent compte tres vite que leur casque à pointe est insuffisant et le remplacent par un modele plus couvrant, français et russes se battent en kepi. Joffre a demandé au général d'Urbal, commandant la 8e armée, de faire un rapport. Il est accablant. "Le plus grand nombre d'hommes blessés, écrit le général le 12 février (apres 6 mois de guerre !), 8 à 9 sur 10 sont atteints à la tete; 6 à 8 fois la balle n'a pas atteint la boite cranienne. Dans la plupart des cas, une coiffure métallique meme legere aurait pu éviter la blessure et la mort". Les premiers casques n'arrivent aux fantassins qu'en septembre 1915. Ils sortent des usines Japy et ont été conçus par un contremaitre, Louis Kuhiv. Pourquoi si tard ? La réponse est dans un dialogue entre Joffre et Penelon, officier du cabinet de Poincaré, en novembre 1914 : "Mon ami, dit le général à Penelon qui lui parle d'un projet de casque, nous n'aurons pas besoin de les fabriquer, nous tordrons les boches avant 2 mois" ...
bel exemple de prévoyance ...:pas content:

la suite demain:sourire:





Le pire c'est que j'avais lu la même chose dans l'ouvrage de Pierre Miquel "La grande Guerre" mais que du fait "que les premiers casques arrivaient en septembre 1915" je me suis dit qu'ils n'étaient largement diffusés qu'à la date suivante proposée dans le Quizz.
Pour le nombre de généraux limogés par Cardonna j'étais vraiment loin du compte ayant mis un chiffre autour de 80.
Pour le nombre de tués j'avais mis 1916 en me disant que c'était l'année de la bataille de Verdun. En fait ce chiffre de 360 000 tués en 1914 en 5 mois seulement est absolument dramatique. Quel drame cette guerre ! L'Europe a définitivement passé la main aux USA à ce moment là. Certains ont même parlé de guerre civile européenne.

Lord_Morgul
07/07/2006, 19h22
Dans le meme ordre d'idee , j'ai appris dans un documentaire , que l'annee la plus meurtriere pour l'armee anglaise fut 1918 ...
et non celle de la Somme de Cambrai ou de Paschendaele ...

Nicolas
07/07/2006, 19h22
oui, cette année 1914 fut terrible... :pas content: on a du mal a imaginer...

elpaco
07/07/2006, 19h23
Le pire c'est que j'avais lu la même chose dans l'ouvrage de Pierre Miquel "La grande Guerre" mais que du fait "que les premiers casques arrivaient en septembre 1915" je me suis dit qu'ils n'étaient largement diffusés qu'à la date suivante proposée dans le Quizz.

tu as du faire un fausse manip alors, car ce livre etait ma source principale pour cette question, et les 3 réponses que j'avais proposé étaient déc1914, mars 1915 et sept 1915 . Sept 1915 était donc bien la derniere date proposée.
j'avais espacé les choix expres et ecrit "largement diffusés" plutot que "l'arrivée des 1ers casques" pour qu'il n'y ait pas d'ambiguité, sachant qu'il y avait eu quelques expérimentations auparavant.

Pour Cadorna, en dehors de montcornet et prevot qui avaient trouvé la bonne réponse, tu étais le plus proche je crois bien (ou le 2e plus proche) :clin:
Arnaud était le plus loin avec 745 :Rire:
et il y en a un qui avait mis 0, je crois bien que c'etait le gagnant :clin::Rire:

sinon je suis d'accord avec 360000 en 5 mois, c'est effrayant. Et Joffre qui pensait tordre les boches en décembre en continuant à lancer son infanterie à l'abattoir :zinzin:. faut dire qu'il allait commencer à toucher la classe 1897 début 1915, ça allait remonter les effectifs ... :pas content:

Nicolas
07/07/2006, 19h25
Pour Cadorna, en dehors de montcornet et prevot qui avaient trouvé la bonne réponse, tu étais le plus proche je crois bien (ou le 2e plus proche) :clin:
Arnaud était le plus loin avec 745 :Rire:
et il y en a un qui avait mis 0, je crois bien que c'etait le gagnant :clin::Rire:



oui, j'ai encore cru à un pieges des organisateurs... je me suis dit que si çà se trouve, c'etat un gentil general qui virait personne. :Rire:

elpaco
07/07/2006, 19h25
Dans le meme ordre d'idee , j'ai appris dans un documentaire , que l'annee la plus meurtriere pour l'armee anglaise fut 1918 ...
et non celle de la Somme de Cambrai ou de Paschendaele ...
mais le jour le plus meurtrier de toute l'histoire anglaise, c'est le 1er juillet 1916 avec 60000 pertes... ils le disaient dans L'Equipe l'autre jour :Rire:

elpaco
08/07/2006, 06h35
j'ai trouvé qq chiffres plus précis sur le 1er juillet 1916 :
60000 pertes dont 20000 tués pour 100000 hommes engagés
ce qui fit dire à Haig, le commandant anglais : "ce n'est pas un chiffre élevé"
sans commentaire :Heu:

et concernant les limogeages de Joffre en aout 1914, j'ai pas confirmé les 163 que j'ai trouvé hier rapidos sur internet, mais dans le bouquin de Miquel "le gachis des generaux", il dit que Joffre a limogé avant le 6 septembre : 2 commandants d'armée Ruffey et Lanrezac, 39 divisionnaires sur 82, il ne cite pas les brigadiers ...