Du 22 au 25 juin 1941 :

Le 22 juin 1941, en milieu de matinée, des informations pour le moins curieuses parviennent au Kremlin. Sur les frontières de l’ouest auraient eu lieu des échanges d’artillerie. Il est même question de violations de l’espace aérien suivies de bombardements et d’attaques de postes-frontières par des troupes allemandes. Sur ce, notre chef à tous, le Grand Staline, réagit avec sa perspicacité habituelle : « Allons camarades, ce ne peuvent être que des rumeurs propagées par des fascisto-trotskistes à la solde des Japonais et des ploutocrates occidentaux, au pire de provocations de généraux allemands qui s’ennuient. Faites fusiller tous les officiers qui auront donné l’ordre d’ouvrir le feu. Vous allez voir que dans quelques jours tout sera rentré dans l’ordre. J’ai une grande confiance dans le sens de l’honneur de notre partenaire nazi. »
Au même moment, sur le Bug ou le Niemen, les troupes soviétiques peuvent apprécier en direct le sens de l’honneur de leurs (ex-) camarades de la Wehrmacht.
Partout sur le front, les aérodromes sont pris pour cibles et nombre d’appareils soviétiques se volatilisent avant même d’avoir pu décoller.
Dans les Pays baltes, le Front du Nord-ouest (Fyodor Kuznetsov) se désintègre littéralement sous les coups de l’ennemi. En quelques jours, ce dernier atteint et prend Riga avec les 1ère et 6ème PzD. La division du NKVD qui défendait la ville en est éjectée et mise en déroute. Kaunas et Vilnius sont emportées et les pointes blindées allemandes atteignent le cours de la Daugava à 180 km en amont de Riga.


Le Front de l’Ouest (Dimitri Pavlov) dont les troupes étaient massées autour de Bialystok est enfoncé sur ses flancs avec notamment la prise de Brest-Litovsk par trois divisions d’infanterie. L’ennemi fonce ensuite vers Minsk et encercle dans plusieurs poches une vingtaine de divisions. Un grand nombre d’autres unités lâchent pied sont rejetées dans les marais du Pripet.


En Ukraine, les défenses du front du Sud-ouest (Mikail Kirponos) cèdent rapidement, permettant aux éléments mobiles ennemis de s’emparer de Rovno et, par un violent crochet à droite, de débouler vers Tarnopol puis Chernovtsy et ainsi prendre au piège au sud de Lvov une bonne trentaine de divisions supplémentaires.


Face à ce désastre et allant à l’encontre des ordres venus de Moscou, quelques chefs énergiques prennent les premières mesures pour parer au plus pressé. Dans les Pays baltes, c’est la fuite éperdue de la plupart des unités vers le nord-est et la direction générale de Pskov, dans l’espoir de rétablir une ligne cohérente sur les cours de la Velikaya et de la Sinyaya. Quelques brigades parachutistes sont offertes au sacrifice, se plaçant en bouchons sur le cours de la Daugava. Pour le front de l’ouest, une division s’enferme dans Minsk alors que les unités rescapées tentent de se regrouper sur le cours de la Berezina. Pour beaucoup, elles sont hors d’état de combattre, ayant perdu force matériels et surtout moral. Il faut également extirper des marais du Pripet le maximum d’unités, en commençant par les divisions de fusiliers et les états-majors d’armées. En Ukraine, l’anneau qui enserre la poche de Lvov est un peu lâche sur son côté est et permet à quelques unités soviétiques de reprendre le contact avec les encerclés. Enfin, les rares unités mises en état d’alerte sur tout le territoire de l’Union soviétique prennent la route vers l’ouest. Parmi ces exceptions figure le 5ème Corps mécanisé (2 divisions blindées, une motorisée) en réserve de la Stavka et stationné au sud-est de Rovno.
Les quatre premiers jours de campagne se terminent tout de même par les propos optimistes du chef suprême : « Au moins, les Finlandais et les Roumains n’ont pas bougé et je suis certain qu’ils ne le feront pas. »