Citation Envoyé par Kieffer51 Voir le message
Voici ce qu'en rapporte le futur écrivain James Jones (Tant qu'il y aura des hommes, La ligne rouge,...), 20 ans, caporal à la 25ème division d'infanterie, stationné à la caserne Schofield :

"Ceux d'entre nous qui étaient déjà levés prenaient leur breakfast. Le dimanche matin, à cette époque, était offerte une ration supplémentaire de lait pour accompagner les oeufs ou les crêpes au sucre, plus des ice-creams aux fruits. La plupart d'entre nous se souciaient beaucoup plus de rester cramponnés à leurs quarts de lait que d'écouter les explosions qui commençaient à tonner du côté de Wheeler Field, à quatre kilomètres de là. "Ils font sauter des trucs ?" s'enquit un vieux briscard en mastiquant une bouchée de crêpes. Ce ne fut qu'au passage du premier chasseur rugissant en rase-mottes, ses mitrailleuses crépitant, que nous nous précipitâmes au-dehors sans lâcher nos récipients de peur de les retrouver vides, subitement conscients d'être acteurs et témoins d'un moment crucial de l'Histoire.
Merci pour ces très belle lignes... Dans la partie (29 juin 43) les américains sont radicalement passés de témoins à acteurs, mais nous n'en sommes pas encore là

Bataille de nouvelle calédonie, suite:

Fin avril, à Truck, Yamamoto a longtemps débattu avec son état-major pour savoir comment débloquer la situation. Notre attaque à Koumac semble irrémédiablement bloquée au regard des effectifs en présence et des fortifications dont bénéficient les américains. Yamamoto dispose des troupes de la phase II, la 48ème DI et la 33ème DI toutes deux bien reposées, équipées et surtout avec un niveau de préparation de 100% pour un assaut amphibie de La Foa.
Mais envoyer ces troupes à la Foa a plusieurs défauts :
- Le premier est que rien ne prouve que nos troupes de Koumac résistent à une contre-attaque américaine, et si elles devaient être rejetées à la mer ce serait un drame qui sonnerait le glas de notre offensive.
- Le second est qu’un assaut amphibie à La Foa nécessite une domination aérienne totale de la partie sud de l’île et des mers alentour, or ceci devrait être difficile à obtenir avec l’aéroport de Koumac encore entre les mains de l’ennemie, et la base de Belep est tout à fait incapable d’opérer pour l’instant nos bombardiers bimoteurs.
- Enfin, l’assaut sur La Foa doit être un succès total et rapide car sinon les troupes en réserves à Nouméa et la garnison de Koumac pourront prendre position également à la Foa et alors notre offensive aura aboutie à deux baleines échouées ou chaque débarquement sera individuellement incapable d’emporter une victoire locale.
Il serait plus sage de débarquer ces deux divisions à Koumac afin de renforcer la tête de pont mais cela veut dire débarquer de nouveau sous le feu de l’artillerie ennemie des troupes qui n’ont même pas été entrainées à cette opération… Enfin, cela veut que l’on renonce à la phase 2 et que plutôt que d’encercler les américains à Koumac on va devoir les affronter du fort au fort et conduire une longue et sanglante guerre de position dans la jungle et la montagne… boucherie en perspective.

Finalement, et la mort dans l’âme, la flotte d’invasion met le cap sur Koumac.

Le 1er mai, au lever du soleil, 3 divisions de cuirassés (Ise-Hyuga, Fuso-Yamahiro et Nagato-Mutsu) bombardent les positions américaines de Koumac tandis que la flotte d’invasion impliquant près de 40 navires divers débarquent la 33ème et la 48ème division. Les hommes ne sont pas du tout préparé à débarquer sur cette côte et les deux divisions sont totalement désorganisées, n’augmentant de peu la valeur militaire présente sur place, mais néanmoins, on espère qu’avec le temps elle pourront apporter le punch manquant et débloquer la situation. Le débarquement se poursuit jusqu’au 2 mai malgré l’intervention de l’artillerie et des avions de Noumea. Le 2 mai, 19 bombardiers en piqué banshee et 41 P40 attaquent Belep mais 91 zéros détruisent 8 Banshee et 5 P40. Le sur-lendemain c’est 6 B24 Liberator qui attaquent la base de Belep ou les ingénieurs s’échinent à terrasser une piste de décollage. Les zéros tentent de s’interposer mais même leurs canons de 20mm sont impuissants face à ces lourds avions. Cette invulnérabilité porte un coup au moral des japonais… mais peut-être que finalement les pertes opérationnelles sont lourdes car on ne reverra pas les B24 avant un long moment.

Plus à l’Est, la bataille pour la domination de l’archipel d’Espiritu Santu se poursuit quand 50 bombardier américains (Marauder, Hudson) attaquent la garnison de Luganville.
Le 7 mai, une unité de troupes de marines est débarquée à Effate sous le couvert de 5 croiseurs légers et de 8 destroyers. En effet, les américains ont installé là un aérodrome qui participe activement à la bataille pour la domination de la nouvelle Calédonie. La couverture aérienne est assurée par les porte-avions d’escortes, sans surprise les 50 bombardiers des Fidjis lancent cette fois leur assaut sur Effate le 8 mai ou ils tombent sur les 22 zéros de l’aéronavale placés en embuscade, 18 bombardiers sont abattus.

Pendant ce temps, à Koumac c’est l’enfer. Le 6 mai, les 4 croiseurs de batailles de la flotte de couverture bombardent les positions américaines mais sans résultat. Une fois la poussière retombée les 5 divisions d’infanterie japonaises s’élancent à l’assaut des positions américaines sous un feu roulant meurtrier. 4000 japs sont mis hors de combat contre 800 américains à peine, mais les japonais ont capturé le premier réseau de fortification ennemie, reste encore 3 lignes de fortifications à capturer…

Puis le silence retombe sur le front, et le 7 mai, rien

suspense....